mardi 4 janvier 2011

Vente d'EnBW : la fin des VPPs viendrait à point... Nomé !

Je reprends juste ce blog pour cette blague d'électricien potache.

mercredi 10 mars 2010

Fin de blog

Ca y est, c'est décidé, je raccroche. J'arrête (au moins temporairement) ce blog.

J'arrête en premier lieu pour ma famille à qui je sacrifiais le temps consacré à mon blog.

J'arrête aussi par respect de mes lecteurs (qui étaient devenus de plus en plus nombreux et fidèles) : j'avais ces temps-ci de plus en plus de mal à tenir le rythme infernal du blogueur. Le plus difficile n'est pas toujours de rédiger un billet, mais bien parfois de trouver un thème digne d'intérêt que je puisse rédiger en suffisamment peu de temps le soir, après ma journée de travail.

Et puis j'arrête aussi parce que l'anonymat me pèse : même si j'ai toujours rédigé mes billets avec mesure et dans l'idée que je n'aurai pas à rougir si mon nom était connu, je trouve que l'anonymat -dans mon cas nécessaire pour des raisons personnelles- est une facilité et un risque redoutables. A la suite d'une erreur informatique (et je bats ma coulpe, son nom apparaissait sur certains des méls que j'envoyais), je découvre par exemple qu'on soupçonne quelqu'un d'être l'auteur de mon blog. Je m'en suis excusé et m'en excuse à nouveau.

Voilà, je suis cependant très heureux d'avoir pu échanger avec certains de mes lecteurs réguliers : Terminalix, ariel, Tristram, Ivecome. Leurs commentaires étaient toujours instructifs et argumentés finement : il m'est même parfois arrivé de rédiger en billet pour pouvoir lire leurs commentaires. S'ils veulent m'écrire directement, ça sera toujours avec plaisir que je leur répondrai.

lundi 8 mars 2010

Point sur le suivi du contrat de service public

Juste un mot pour actualiser mon billet du mois dernier avec les dernières publications de prix de l'Insee. Rappelons qu'au terme du contrat de service public signé en octobre 2005, les tarifs d'EDF ne devaient pas augmenter plus que l'inflation.

Une fois n'est pas coutume et je ne souscris pas au commentaire d'Ivecome dans mon précédent billet : le contrat de service public engage les deux signataires, EDF et l'Etat. Un citoyen (par ailleurs consommateur) est tout à fait légitime à faire remarquer que le dit contrat n'est pas respecté.

Nucléaire et 400 kV


Décidément, la "transparence" perd du terrain tous les jours. En allant sur le site de l'UCTE (pardon l'ensto-e), je m'aperçois que les données concernant les longueurs de réseau très haute tension qui y figuraient il y a environ 2 ans en ont quasiment disparu.

J'avais heureusement stocké les données quelque part sur mon ordinateur (au moins depuis 1980). J'en profite pour faire un petit graphique qui montre l'excellente corrélation entre la puissance nucléaire installée en France et la taille du réseau à 400 kV (chaque point du graphique représente une année).

La régression statistique montre qu'environ 225 km de circuits ont été construits pour 1000 MW de puissance nucléaire installée, soit un total de 14 400 km sur 21 300 km.

Cela illustre une chose que tous les spécialistes du secteur savent : le réseau 400 kV a en grande partie été construit pour évacuer la puissance des centrales nucléaires (même s'il a aussi le rôle d'interconnecter ou de "mailler" le réseau). Selon la régression statistique, environ les deux tiers du réseau auraient été construits à cette fin.

Cependant, la production nucléaire ne supporte aucun des coûts du 400 kV au titre des tarifs d'utilisation des réseaux publics.

Etonnant, n'est-ce pas ?




dimanche 7 mars 2010

EPR : risque d'accident majeur ou manipulation ?

Des associations antinucléaires disposeraient de documents internes d'EDF (mais de source anonyme, on comprend pourquoi) montrant que l'EPR présenterait un "risque d'accident majeur".

Et le Directeur du réseau "sortir du nucléaire" ne fait pas dans la dentelle qui déclare qu'il "semble donc bien [...] que la conception de l'EPR accroisse le risque d'un accident de type Tchernobyl".

Je n'ai pas encore eu le temps de me renseigner auprès de mes correspondants habituels sur le risque réel qui ressort des différents documents publiés par les associations anti-nucléaires. A ce stade, je n'en tire que deux conclusions :
- le manque de transparence et l'absence d'un Autorité de Sûreté formellement indépendante (même si je ne conteste pas que l'ASN soit d'une grande exigence et agisse avec une réelle indépendance vis-à-vis d'EDF) nuit à la crédibilité du nucléaire français ;
- des sources internes à EDF laisseraient donc fuir des documents (anciens et plus récents) alors que M. Proglio a, en janvier dernier, laissé clairement entendre qu'il n'accepterait plus de telles pratiques : il n'a visiblement pas que des amis en interne.



jeudi 18 février 2010

Prix du fioul domestique au 12 février


D'après les statistiques du ministère, le prix du fioul domestique est resté stable la semaine dernière. Il était en moyenne de 65,29 c€ TTC/l mi-février contre 65,21 c€ TTC/l la semaine précédente.

Les prix des produits pétroliers sont cependant sur une tendance haussière depuis un an.

mercredi 17 février 2010

Marché de l'énergie : qui manipule qui, et quoi ?

Dans un billet daté du 13 février, j'informais mes lecteurs des graves accusations de manipulation de prix qu'auraient portées des traders à l'encontre d'EDF. Montel vient de démentir. Tout en disant qu'il reportait les dires de trois sources distinctes et anonymes (ah, l'anonymat !), Montel indiquait que les sources n'étaient pas fondées ("unsubstantiated").

L'auteur du blog, qui avait employé le conditionnel tant de telles accusations sont graves et méritent d'être prises avec circonspection, en vient à se demander qui manipule qui.

En tout état de cause, je regrette de ne plus pouvoir utiliser les données publiques d'EPEX pour vérifier certains éléments factuels rapportés par Montel dans son article initial.

Point sur les jours EJPs


Juste une mise à jour de mon billet de lundi. Des jours EJPs sont "appelés" aujourd'hui en PACA et en zone Nord.

A ce jour, EDF a utilisé 92% de sa réserve EJP et RTE 80%.

Au vu du radoucissement annoncé, il me semble qu'on ne devrait plus avoir de jours EJPs appelés d'ici la moitié de la semaine prochaine, et probablement plus tard.

mardi 16 février 2010

Niveau des barrages en France


Le taux de remplissage des barrages français a continué de baisser pour atteindre 52% cette dernière semaine contre 54% la semaine précédente. Ce niveau est plus bas que la moyenne pour cette période de l'année, sans être pour autant exceptionnellement bas (ce taux de 45% en 2002, 47% en 2006 et de 50% en 2000).

La situation doit être relativisée du fait de l'existence d'un manteau neigeux sans doute supérieur à la moyenne et de stocks hydrauliques relativement abondants en Espagne (mais normaux en Suisse).

Comme je le signalais dans mon billet de la semaine dernière, il serait utile que la CRE demande aux producteurs de publier des statistiques plus complètes, afin d'aider à mieux comprendre la situation réelle.



Turpitudes fiscales

En relisant les décisions de la CRE relatives à la tarification de l'accès au réseau, je prends conscience d'une subtile anomalie dans le dispositif.

ERDF reçoit en effet chaque année un certain nombre d'installations (essentiellement des raccordements terminaux, et, je crois aussi, ce qui est financé via le Facé). Les règles retenues par la CRE font que ces actifs sont ensuite intégrés dans la base d'actifs régulés (BAR) et donnent lieu à rémunération comme un bien acquis normalement, par achat.

Evidemment, pour éviter un enrichissement sans cause d'ERDF (qui serait rémunérée pour un bien qu'elle n'aurait pas payé), la CRE a prévu un traitement particulier et a, en fait, choisi de déduire le montant correspondant à la valeur des biens remis gratuitement du revenu autorisé à ERDF.

A défaut de pouvoir intégrer ces investissements dans les achats, elle en a donc déduit le montant du chiffre d'affaires. ERDF paie donc par un "moindre revenu" l'équivalent de la valeur du bien, et est ensuite rémunérée comme pour un bien acquis normalement. Ca semble simple et élégant.

C'est néamoins un peu "baroque", car la CRE mélange ainsi une forme de comptabilité en "cash" avec une comptabilité classique.

Il y a surtout un hic dans le dispositif.

En effet, un investissement normal ne donne pas droit à une déduction fiscale immédiate (l'avantage est différé, via l'amortissement). Or, en déduisant le montant des biens acquis du chiffre d'affaires d'ERDF, la CRE fait de facto bénéficier les biens remis gratuits d'une forme de déductibilité fiscale immédiate (puis d'un avantage différé, puisque le bien est ensuite amorti normalement pour ce qui concerne le TURPE).

La méthode retenue par la CRE n'est donc pas neutre, et donne un avantage à ERDF pour ce qui concerne les biens remis gratuitement par rapport aux investissements classiques.

Une autre manière de s'en convaincre est de noter que les biens remis gratuitement bénéficient au titre du TURPE d'une rémunération qui prend en compte les impôts générés (le coût moyen du capital prend en compte l'impôt sur les sociétés)... alors que les biens ont donné de fait droit à déduction fiscale au moment de leur intégration dans les comptes d'ERDF.



lundi 15 février 2010

Utilisation des jours EJPs


En l'absence de données disponibles sur Powernext, je n'ai pu mettre à jour une étude sur l'utilisation des jours EJPs. J'ai fait néanmoins quelques calculs.

Demain est annoncé comme jour EJP. Il ne restera ainsi lundi soir que 3 jours tempo, 5 jours EJP (pour les zones Nord et PACA), 2 jours dans la zone Sud et 7 jours dans la zone Ouest. Au total et en moyenne, 83% des stocks EJP auront été utilisés au 15 février, soit sur les 71% de premier jours de l'hiver électrique (qui va de novembre à mars inclus).

Comme je l'avais signalé dans mon précédent billet, la gestion des jours EJPs cette année paraît relativement moins "prudente" que les années précédentes. Ainsi, à la même date, il restait entre 5 et 10 jours EJPs (pour les tarifs tempo, je ne dispose pas de l'historique des autres jours EJPs).

Il semble aussi que RTE soit plus "précautionneux" qu'EDF puisque sur les deux zones gérées par RTE (PACA et Ouest) il reste 5 et 7 jours EJPs. EDF a ainsi utilisé 85% de ses jours EJPs alors que RTE n'en n'a utilisé que 74%.






dimanche 14 février 2010

Des marchés de moins en moins transparents

J'ai envie ici de pousser un gros "coup de gueule" (l'heure est un peu à la vulgarité bourgeoise, je fais donc dans le trendy, comme dirait Disparitus).

Depuis la création de Powernext, les données historiques sur les prix de marché étaient accessibles gratuitement sur internet. Il suffisait de s'inscrire pour zéro franc. Ces données m'ont été précieuses pour faire certaines analyses qui nourrissaient mon blog.

Je m'aperçois que ces données sont désormais payantes, maintenant que Powernext a fusionné avec EEX pour devenir EPEX Spot. N'étant pas Rockefeller, je ne peux m'amuser à payer 400 € par an rien que pour pouvoir alimenter mon blog. Je n'ai pas non plus l'envie de passer mon temps à faire du copier / coller à partir des données qui restent publiques (mais dans un format inutilisable en pratique).

Le marché français gagne décidément en transparence tous les jours !

Je note au passage que EPEX/Powernext était au coeur de la polémique sur les pics de prix d'octobre dernier. Powernext était en quelque sorte récidiviste, car une crise de nature similaire qui résultait des procédures inadaptées de Powernext avait déjà eu lieu deux ans auparavant, en 2007.

A l'époque la CRE avait été sévère avec Powernext et avait fait comprendre qu'elle n'accepterait pas la récidive. A ce jour pourtant rien ne s'est passé, et EPEX/Powernext se permet même de diminuer la transparence du marché.

Je vais finir par croire ce que disent les traders d'énergie.

samedi 13 février 2010

Des traders accuseraient EDF de manipuler les prix


C'est une première (à ma connaissance), selon la "newsletter E-world" publiée par Montel le 10 février dernier des traders accuseraient EDF de manipuler les prix de marché. (Attention, la newsletter n'est pas publiée sur internet, je l'ai lue sous format physique et j'en reproduis le "chapeau").

Et les accusations des traders sembleraient précises et viseraient les évolutions de prix, ils pointeraient plusieurs anomalies (lors des week-ends notamment). Certains auraient même écrit à la CRE pour dénoncer les prix anormalement élevés les dimanches de janvier.

Mais, à en croire l'article, certains traders seraient sceptiques sur la "neutralité" de la CRE qui, comme EDF, est "dirigée par l'Etat (state run)". "Si vous ne voulez pas trouver de manipulation, vous n'en trouverez pas" conclurait ainsi un trader.

NOTA BENE (du 17 février) : L'auteur du blog, qui avait volontairement employé le conditionnel dans son billet, apprend que, dans un communiqué publié le 12 février, montel a retiré son article. Montel fait valoir que les trois sources anonymes distinctes n'étaient pas fondées ("unsubstantiated") et a regretté l'utilisation du terme "manipulation de prix".

Kd et Ku, et de l'utilité de l'EPR


Dans un billet publié en septembre dernier j'avais expliqué les notions de Kd et de Ku du parc nucléaire.

Le Kd correspond à la disponibilité (puissance disponible et qui pourrait, techniquement, être livrée sur le réseau) et de Ku (proportion de la puissance disponible qui est réellement utilisée). Le produit de ces deux termes forme ce qu'on appelle le Kp, ou coefficient de production.

Ces concepts sont d'ailleurs largement exposés dans la dernière publication financière d'EDF (voir ici). On sait en effet que 2009 sera une forme d'annus horribilis pour le nucléaire français.

Les pertes de productions liées aux mouvements sociaux sont décomptées du Ku (la puissance est en effet techniquement disponible, mais elle n'est pas utilisée). Cependant, les mouvements sociaux ne sont pas (totalement) du choix d'EDF et il m'a paru intéressant d'estimer le Ku d'EDF hors mouvements sociaux. Ce facteur corrigé indique en effet comment EDF a choisi d'utiliser la puissance qui était réellement disponible compte-tenu des grèves.

EDF indique que la perte de production liée aux "mouvements sociaux" était de 17 TWh. J'en déduis donc que le "Ku" hors mouvements sociaux est de 94,6% (bon, je n'ai pas trop de place pour détailler les calculs).

Abstraction faite de l'impact des mouvements sociaux, l'analyse statistique confirme que ce Ku est élevé par rapport à celui connu dans les années 2004-2006. Il est cependant plus faible qu'en 2008 (95,1%).

Il reste à comprendre exactement pourquoi le Ku semble évolue globalement en sens inverse du Kd depuis plusieurs années : plus il y a de puissance nucléaire disponible, moins elle est utilisée.

C'est à se demander si les tranches nucléaires EPR en construction seront vraiment utilisées !