A chaque fois, les arrêts ont du être prolongés du fait des interventions rendues nécessaires.
EDF se veut rassurant et indique en particulier que "dans l’hypothèse d’une chute de cet assemblage, les calculs réalisés par les experts d’EDF montrent que les conséquences radiologiques à l’extérieur du site seraient très faibles et inférieures aux valeurs réglementaires de 1mSv par an pour la population".
Cette indication est surprenante, car en principe "trois barrières" sont sensées protéger la population : la gaine métallique qui entoure directement le combustible, la cuve du réacteur (qui est en l'occurrence ouvert donc inopérante), et l'enceinte de confinement en béton. Pendant les opérations d'entretien et de maintenance, deux barrières sont normalement toujours opérationnelles.
En évoquant les conséquences d'une rupture de la "gaine métallique" sur la population "à l'extérieur du site", EDF suggère ainsi que non seulement le réacteur serait ouvert mais que l'enceinte de confinement en béton serait aussi ouverte. La "triple barrière" se réduirait ainsi, le temps des opérations de réparation, à la seule gaine combustible, si je comprends bien. Est-ce qu'un de mes lecteurs peut me confirmer que tel est bien le cas ?
Par ailleurs, EDF indique que les deux derniers incidents au moins concernent des "assemblages MOX". Ces assemblages (qui contiennent du plutonium) sont utilisés dans 22 tranches nucléaires d'EDF (certaines tranches du palier "900 MW"). Compte-tenu de la faible expérience sur les conditions de vieillissement de ces assemblages dans les réacteurs, on ne peut exclure que d'autres incidents se produisent sur d'autres tranches nucléaires (on notera d'ailleurs, que Tricastin qui a connu deux incidents d'assemblage, était la "tête de série" d'une nouvelle gestion du Mox dite "Parité Mox").