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mercredi 20 janvier 2010

Officiel : l'EPR prend du retard

Le Figaro annonce un retard de 2 ans pour l'EPR. Ce ne sera pas vraiment une surprise pour les lecteurs de mon blog.

vendredi 25 septembre 2009

EPR finlandais : le torchon brûle entre Areva et son client

Dans un entretien dans le journal les Echos, Timo Rajala, le président du consortium PVO des papetiers (principaux clients / actionnaires de l'EPR en construction en Finlande) se plaint des retards du projet (3 années). Et il ne mâche pas ses mots : "Ils [AREVA] ont vendu l'EPR et c'est seulement ensuite qu'ils ont commencé à faire les plans d'ingénierie précis".
S'agissant de ses relations avec Areva et en particulier Anne Lauvergeon, il est encore plus cinglant : "nous n'avons apparemment pas de relations commerciales normales. Dans ma carrière, je n'ai jamais eu ce genre de problèmes. Nous avons travaillé avec d'autres sociétés françaises, dont Alstom et EDF, et n'avons jamais eu ce genre de difficultés. Cette fois, c'est très spécial. La capacité d'écoute d'Anne Lauvergeon n'est pas aussi bonne que sa capacité à parler."

Ce n'est pas vraiment du langage diplomatique, mais ce Finlandais dit tout haut ce que beaucoup de Français pensent tout bas depuis longtemps. Ceci dit, ne soyons pas naïfs, Timo Rajala cherche probablement à faire pression sur Areva et à profiter de l'affaiblissement d'Anne Lauvergeon.

vendredi 4 septembre 2009

Areva joue en bourse les provisions du nucléaire et perd 791 millions

Tout comme EDF, Areva est tenue de provisionner les charges futures liées au nucléaire. Plus que cela, elle est tenue de « sanctuariser » les sommes correspondantes dans des fonds spécifiques (de manière à éviter qu’elle ne puise dans le coffre, comme en son temps Robert Maxwell, avec les fonds de pension de ses sociétés).

Or, le document de référence 2008 publié par Areva, montre que ces fonds (que l’on appelle « portefeuille dédié ») ont perdu 791 millions d’euros en 2008 : de 2 755 M€ fin 2007, ils ont fondu à 1 964 M€ fin 2008 (voir extrait de la page 290 du document). Evidemment, cela est du à la crise boursière, les deux tiers du portefeuille dédié ayant été placés en actions ou en FCP. Mais, comme pour EDF, le fait qu’Areva ait placé une bonne partie de ces sommes en actions pose question.

En effet, sur le long terme (mais qu’est-ce que le long terme ?), les actions offrent en théorie un meilleur rendement que des placements moins risqués en capital (comme des obligations, par exemple) ; il est donc tentant de placer les fonds en actions plus qu’en obligations.

Mais par ailleurs, le montant à provisionner (et donc à mettre sur ces fonds) est calculé en considérant qu’Areva les placerait … en obligations (voir page 265 du même document de référence). Sans entrer dans les détails techniques, tout se passe comme si Areva empruntait à un taux bas de type obligataire et décidait de placer en actions pour rembourser sa dette. Cela ne serait pas prudent. Même habillé sous de jolis termes techniques comme « gestion d’actifs », ce serait de la pure spéculation.

Areva ne se cache d’ailleurs pas de ses intentions, qui indique, en page 37 de son document de référence que « le risque sur actions du portefeuille dédié aux opérations fin de cycle fait partie intégrante de la gestion d’actifs qui, dans le cadre du choix d’allocation actions / obligations, utilise les actions pour apporter un supplément de rendement à long terme » (gras ajouté).

Le problème est qu’il s’agit d’un supplément largement négatif pour 2008. Areva étant une entreprise publique, on est cependant assuré que cette perte sera compensée par ailleurs.

Nous voilà rassurés.

On a même une idée de qui paiera la note, in fine.

Nous.

mardi 1 septembre 2009

Bénéfice d'Areva en chute de 79%

Le bénéfice d'Areva est en chute de 79%, du fait principalement aux problèmes de l'EPR en Finlande. Le chantier a pris 3 ans de retard.
Les centrales nucléaires sont très chères en investissement (mais peu coûteuses en exploitation), et tout retard sur un chantier de l'ordre de 3 milliards d'euros se traduit par des frais financiers considérables (de l'ordre de 300 millions par an, si on retient un coût moyen pondéré du capital de 10%).

jeudi 19 mars 2009

Graphique du jour


Plutôt qu'un long discours, je préfère ce soir joindre un petit graphique qui montre l'évolution respectives des cours d'Areva, d'EDF et de British Energy (opérateur nucléaire britannique racheté début 2009 par EDF).


EDF avait marqué son intérêt pour British Energy dès le printemps 2008 (d'autres opérateurs avaient fait de même et avaient ensuite renoncé) . Les actionnaires de British Energy dont en particulier l'état britannique ont donc pu vendre à un prix très intéressant, avec une prime, et surtout, sourtout, ils n'ont pas subi la baisse généralisée des cours sur la seconde partie de l'année car le prix avait été fixé sur la base des conditions antérieures.


Comme le montre ce graphique, British Energy vaut sans doute aujourd'hui moins de la moitié de son prix d'achat par EDF. Mais quand on n'aime, on ne compte pas.