
Dans un billet publié en septembre dernier j'avais expliqué les notions de Kd et de Ku du parc nucléaire.
Le Kd correspond à la disponibilité (puissance disponible et qui pourrait, techniquement, être livrée sur le réseau) et de Ku (proportion de la puissance disponible qui est réellement utilisée). Le produit de ces deux termes forme ce qu'on appelle le Kp, ou coefficient de production.
Ces concepts sont d'ailleurs largement exposés dans la dernière publication financière d'EDF (voir ici). On sait en effet que 2009 sera une forme d'annus horribilis pour le nucléaire français.
Les pertes de productions liées aux mouvements sociaux sont décomptées du Ku (la puissance est en effet techniquement disponible, mais elle n'est pas utilisée). Cependant, les mouvements sociaux ne sont pas (totalement) du choix d'EDF et il m'a paru intéressant d'estimer le Ku d'EDF hors mouvements sociaux. Ce facteur corrigé indique en effet comment EDF a choisi d'utiliser la puissance qui était réellement disponible compte-tenu des grèves.
EDF indique que la perte de production liée aux "mouvements sociaux" était de 17 TWh. J'en déduis donc que le "Ku" hors mouvements sociaux est de 94,6% (bon, je n'ai pas trop de place pour détailler les calculs).
Abstraction faite de l'impact des mouvements sociaux, l'analyse statistique confirme que ce Ku est élevé par rapport à celui connu dans les années 2004-2006. Il est cependant plus faible qu'en 2008 (95,1%).
Il reste à comprendre exactement pourquoi le Ku semble évolue globalement en sens inverse du Kd depuis plusieurs années : plus il y a de puissance nucléaire disponible, moins elle est utilisée.
C'est à se demander si les tranches nucléaires EPR en construction seront vraiment utilisées !



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