mercredi 10 mars 2010

Fin de blog

Ca y est, c'est décidé, je raccroche. J'arrête (au moins temporairement) ce blog.

J'arrête en premier lieu pour ma famille à qui je sacrifiais le temps consacré à mon blog.

J'arrête aussi par respect de mes lecteurs (qui étaient devenus de plus en plus nombreux et fidèles) : j'avais ces temps-ci de plus en plus de mal à tenir le rythme infernal du blogueur. Le plus difficile n'est pas toujours de rédiger un billet, mais bien parfois de trouver un thème digne d'intérêt que je puisse rédiger en suffisamment peu de temps le soir, après ma journée de travail.

Et puis j'arrête aussi parce que l'anonymat me pèse : même si j'ai toujours rédigé mes billets avec mesure et dans l'idée que je n'aurai pas à rougir si mon nom était connu, je trouve que l'anonymat -dans mon cas nécessaire pour des raisons personnelles- est une facilité et un risque redoutables. A la suite d'une erreur informatique (et je bats ma coulpe, son nom apparaissait sur certains des méls que j'envoyais), je découvre par exemple qu'on soupçonne quelqu'un d'être l'auteur de mon blog. Je m'en suis excusé et m'en excuse à nouveau.

Voilà, je suis cependant très heureux d'avoir pu échanger avec certains de mes lecteurs réguliers : Terminalix, ariel, Tristram, Ivecome. Leurs commentaires étaient toujours instructifs et argumentés finement : il m'est même parfois arrivé de rédiger en billet pour pouvoir lire leurs commentaires. S'ils veulent m'écrire directement, ça sera toujours avec plaisir que je leur répondrai.

lundi 8 mars 2010

Point sur le suivi du contrat de service public

Juste un mot pour actualiser mon billet du mois dernier avec les dernières publications de prix de l'Insee. Rappelons qu'au terme du contrat de service public signé en octobre 2005, les tarifs d'EDF ne devaient pas augmenter plus que l'inflation.

Une fois n'est pas coutume et je ne souscris pas au commentaire d'Ivecome dans mon précédent billet : le contrat de service public engage les deux signataires, EDF et l'Etat. Un citoyen (par ailleurs consommateur) est tout à fait légitime à faire remarquer que le dit contrat n'est pas respecté.

Nucléaire et 400 kV


Décidément, la "transparence" perd du terrain tous les jours. En allant sur le site de l'UCTE (pardon l'ensto-e), je m'aperçois que les données concernant les longueurs de réseau très haute tension qui y figuraient il y a environ 2 ans en ont quasiment disparu.

J'avais heureusement stocké les données quelque part sur mon ordinateur (au moins depuis 1980). J'en profite pour faire un petit graphique qui montre l'excellente corrélation entre la puissance nucléaire installée en France et la taille du réseau à 400 kV (chaque point du graphique représente une année).

La régression statistique montre qu'environ 225 km de circuits ont été construits pour 1000 MW de puissance nucléaire installée, soit un total de 14 400 km sur 21 300 km.

Cela illustre une chose que tous les spécialistes du secteur savent : le réseau 400 kV a en grande partie été construit pour évacuer la puissance des centrales nucléaires (même s'il a aussi le rôle d'interconnecter ou de "mailler" le réseau). Selon la régression statistique, environ les deux tiers du réseau auraient été construits à cette fin.

Cependant, la production nucléaire ne supporte aucun des coûts du 400 kV au titre des tarifs d'utilisation des réseaux publics.

Etonnant, n'est-ce pas ?




dimanche 7 mars 2010

EPR : risque d'accident majeur ou manipulation ?

Des associations antinucléaires disposeraient de documents internes d'EDF (mais de source anonyme, on comprend pourquoi) montrant que l'EPR présenterait un "risque d'accident majeur".

Et le Directeur du réseau "sortir du nucléaire" ne fait pas dans la dentelle qui déclare qu'il "semble donc bien [...] que la conception de l'EPR accroisse le risque d'un accident de type Tchernobyl".

Je n'ai pas encore eu le temps de me renseigner auprès de mes correspondants habituels sur le risque réel qui ressort des différents documents publiés par les associations anti-nucléaires. A ce stade, je n'en tire que deux conclusions :
- le manque de transparence et l'absence d'un Autorité de Sûreté formellement indépendante (même si je ne conteste pas que l'ASN soit d'une grande exigence et agisse avec une réelle indépendance vis-à-vis d'EDF) nuit à la crédibilité du nucléaire français ;
- des sources internes à EDF laisseraient donc fuir des documents (anciens et plus récents) alors que M. Proglio a, en janvier dernier, laissé clairement entendre qu'il n'accepterait plus de telles pratiques : il n'a visiblement pas que des amis en interne.



jeudi 18 février 2010

Prix du fioul domestique au 12 février


D'après les statistiques du ministère, le prix du fioul domestique est resté stable la semaine dernière. Il était en moyenne de 65,29 c€ TTC/l mi-février contre 65,21 c€ TTC/l la semaine précédente.

Les prix des produits pétroliers sont cependant sur une tendance haussière depuis un an.

mercredi 17 février 2010

Marché de l'énergie : qui manipule qui, et quoi ?

Dans un billet daté du 13 février, j'informais mes lecteurs des graves accusations de manipulation de prix qu'auraient portées des traders à l'encontre d'EDF. Montel vient de démentir. Tout en disant qu'il reportait les dires de trois sources distinctes et anonymes (ah, l'anonymat !), Montel indiquait que les sources n'étaient pas fondées ("unsubstantiated").

L'auteur du blog, qui avait employé le conditionnel tant de telles accusations sont graves et méritent d'être prises avec circonspection, en vient à se demander qui manipule qui.

En tout état de cause, je regrette de ne plus pouvoir utiliser les données publiques d'EPEX pour vérifier certains éléments factuels rapportés par Montel dans son article initial.

Point sur les jours EJPs


Juste une mise à jour de mon billet de lundi. Des jours EJPs sont "appelés" aujourd'hui en PACA et en zone Nord.

A ce jour, EDF a utilisé 92% de sa réserve EJP et RTE 80%.

Au vu du radoucissement annoncé, il me semble qu'on ne devrait plus avoir de jours EJPs appelés d'ici la moitié de la semaine prochaine, et probablement plus tard.

mardi 16 février 2010

Niveau des barrages en France


Le taux de remplissage des barrages français a continué de baisser pour atteindre 52% cette dernière semaine contre 54% la semaine précédente. Ce niveau est plus bas que la moyenne pour cette période de l'année, sans être pour autant exceptionnellement bas (ce taux de 45% en 2002, 47% en 2006 et de 50% en 2000).

La situation doit être relativisée du fait de l'existence d'un manteau neigeux sans doute supérieur à la moyenne et de stocks hydrauliques relativement abondants en Espagne (mais normaux en Suisse).

Comme je le signalais dans mon billet de la semaine dernière, il serait utile que la CRE demande aux producteurs de publier des statistiques plus complètes, afin d'aider à mieux comprendre la situation réelle.



Turpitudes fiscales

En relisant les décisions de la CRE relatives à la tarification de l'accès au réseau, je prends conscience d'une subtile anomalie dans le dispositif.

ERDF reçoit en effet chaque année un certain nombre d'installations (essentiellement des raccordements terminaux, et, je crois aussi, ce qui est financé via le Facé). Les règles retenues par la CRE font que ces actifs sont ensuite intégrés dans la base d'actifs régulés (BAR) et donnent lieu à rémunération comme un bien acquis normalement, par achat.

Evidemment, pour éviter un enrichissement sans cause d'ERDF (qui serait rémunérée pour un bien qu'elle n'aurait pas payé), la CRE a prévu un traitement particulier et a, en fait, choisi de déduire le montant correspondant à la valeur des biens remis gratuitement du revenu autorisé à ERDF.

A défaut de pouvoir intégrer ces investissements dans les achats, elle en a donc déduit le montant du chiffre d'affaires. ERDF paie donc par un "moindre revenu" l'équivalent de la valeur du bien, et est ensuite rémunérée comme pour un bien acquis normalement. Ca semble simple et élégant.

C'est néamoins un peu "baroque", car la CRE mélange ainsi une forme de comptabilité en "cash" avec une comptabilité classique.

Il y a surtout un hic dans le dispositif.

En effet, un investissement normal ne donne pas droit à une déduction fiscale immédiate (l'avantage est différé, via l'amortissement). Or, en déduisant le montant des biens acquis du chiffre d'affaires d'ERDF, la CRE fait de facto bénéficier les biens remis gratuits d'une forme de déductibilité fiscale immédiate (puis d'un avantage différé, puisque le bien est ensuite amorti normalement pour ce qui concerne le TURPE).

La méthode retenue par la CRE n'est donc pas neutre, et donne un avantage à ERDF pour ce qui concerne les biens remis gratuitement par rapport aux investissements classiques.

Une autre manière de s'en convaincre est de noter que les biens remis gratuitement bénéficient au titre du TURPE d'une rémunération qui prend en compte les impôts générés (le coût moyen du capital prend en compte l'impôt sur les sociétés)... alors que les biens ont donné de fait droit à déduction fiscale au moment de leur intégration dans les comptes d'ERDF.



lundi 15 février 2010

Utilisation des jours EJPs


En l'absence de données disponibles sur Powernext, je n'ai pu mettre à jour une étude sur l'utilisation des jours EJPs. J'ai fait néanmoins quelques calculs.

Demain est annoncé comme jour EJP. Il ne restera ainsi lundi soir que 3 jours tempo, 5 jours EJP (pour les zones Nord et PACA), 2 jours dans la zone Sud et 7 jours dans la zone Ouest. Au total et en moyenne, 83% des stocks EJP auront été utilisés au 15 février, soit sur les 71% de premier jours de l'hiver électrique (qui va de novembre à mars inclus).

Comme je l'avais signalé dans mon précédent billet, la gestion des jours EJPs cette année paraît relativement moins "prudente" que les années précédentes. Ainsi, à la même date, il restait entre 5 et 10 jours EJPs (pour les tarifs tempo, je ne dispose pas de l'historique des autres jours EJPs).

Il semble aussi que RTE soit plus "précautionneux" qu'EDF puisque sur les deux zones gérées par RTE (PACA et Ouest) il reste 5 et 7 jours EJPs. EDF a ainsi utilisé 85% de ses jours EJPs alors que RTE n'en n'a utilisé que 74%.






dimanche 14 février 2010

Des marchés de moins en moins transparents

J'ai envie ici de pousser un gros "coup de gueule" (l'heure est un peu à la vulgarité bourgeoise, je fais donc dans le trendy, comme dirait Disparitus).

Depuis la création de Powernext, les données historiques sur les prix de marché étaient accessibles gratuitement sur internet. Il suffisait de s'inscrire pour zéro franc. Ces données m'ont été précieuses pour faire certaines analyses qui nourrissaient mon blog.

Je m'aperçois que ces données sont désormais payantes, maintenant que Powernext a fusionné avec EEX pour devenir EPEX Spot. N'étant pas Rockefeller, je ne peux m'amuser à payer 400 € par an rien que pour pouvoir alimenter mon blog. Je n'ai pas non plus l'envie de passer mon temps à faire du copier / coller à partir des données qui restent publiques (mais dans un format inutilisable en pratique).

Le marché français gagne décidément en transparence tous les jours !

Je note au passage que EPEX/Powernext était au coeur de la polémique sur les pics de prix d'octobre dernier. Powernext était en quelque sorte récidiviste, car une crise de nature similaire qui résultait des procédures inadaptées de Powernext avait déjà eu lieu deux ans auparavant, en 2007.

A l'époque la CRE avait été sévère avec Powernext et avait fait comprendre qu'elle n'accepterait pas la récidive. A ce jour pourtant rien ne s'est passé, et EPEX/Powernext se permet même de diminuer la transparence du marché.

Je vais finir par croire ce que disent les traders d'énergie.

samedi 13 février 2010

Des traders accuseraient EDF de manipuler les prix


C'est une première (à ma connaissance), selon la "newsletter E-world" publiée par Montel le 10 février dernier des traders accuseraient EDF de manipuler les prix de marché. (Attention, la newsletter n'est pas publiée sur internet, je l'ai lue sous format physique et j'en reproduis le "chapeau").

Et les accusations des traders sembleraient précises et viseraient les évolutions de prix, ils pointeraient plusieurs anomalies (lors des week-ends notamment). Certains auraient même écrit à la CRE pour dénoncer les prix anormalement élevés les dimanches de janvier.

Mais, à en croire l'article, certains traders seraient sceptiques sur la "neutralité" de la CRE qui, comme EDF, est "dirigée par l'Etat (state run)". "Si vous ne voulez pas trouver de manipulation, vous n'en trouverez pas" conclurait ainsi un trader.

NOTA BENE (du 17 février) : L'auteur du blog, qui avait volontairement employé le conditionnel dans son billet, apprend que, dans un communiqué publié le 12 février, montel a retiré son article. Montel fait valoir que les trois sources anonymes distinctes n'étaient pas fondées ("unsubstantiated") et a regretté l'utilisation du terme "manipulation de prix".

Kd et Ku, et de l'utilité de l'EPR


Dans un billet publié en septembre dernier j'avais expliqué les notions de Kd et de Ku du parc nucléaire.

Le Kd correspond à la disponibilité (puissance disponible et qui pourrait, techniquement, être livrée sur le réseau) et de Ku (proportion de la puissance disponible qui est réellement utilisée). Le produit de ces deux termes forme ce qu'on appelle le Kp, ou coefficient de production.

Ces concepts sont d'ailleurs largement exposés dans la dernière publication financière d'EDF (voir ici). On sait en effet que 2009 sera une forme d'annus horribilis pour le nucléaire français.

Les pertes de productions liées aux mouvements sociaux sont décomptées du Ku (la puissance est en effet techniquement disponible, mais elle n'est pas utilisée). Cependant, les mouvements sociaux ne sont pas (totalement) du choix d'EDF et il m'a paru intéressant d'estimer le Ku d'EDF hors mouvements sociaux. Ce facteur corrigé indique en effet comment EDF a choisi d'utiliser la puissance qui était réellement disponible compte-tenu des grèves.

EDF indique que la perte de production liée aux "mouvements sociaux" était de 17 TWh. J'en déduis donc que le "Ku" hors mouvements sociaux est de 94,6% (bon, je n'ai pas trop de place pour détailler les calculs).

Abstraction faite de l'impact des mouvements sociaux, l'analyse statistique confirme que ce Ku est élevé par rapport à celui connu dans les années 2004-2006. Il est cependant plus faible qu'en 2008 (95,1%).

Il reste à comprendre exactement pourquoi le Ku semble évolue globalement en sens inverse du Kd depuis plusieurs années : plus il y a de puissance nucléaire disponible, moins elle est utilisée.

C'est à se demander si les tranches nucléaires EPR en construction seront vraiment utilisées !


jeudi 11 février 2010

De l'incohérence des chiffres fournis par EDF

Parfois je m'amuse à vérifier les chiffres fournis par EDF. On y découvre souvent des contradictions cocasses.

Ainsi dans une dépêche AFP de ce jour j'apprends qu'EDF compte augmenter la disponibilité de son parc à 85% et que "un point de coefficient de disponibilité représente 200 millions d'euros de résultat brut d'exploitation (Ebitda)". Ce n'est pas la première fois qu'EDF communique sur cette valeur, qui peut d'ailleurs être vérifiée indirectement.

On sait en effet qu'avec 63 GW de puissance nucléaire installée, un point de disponibilité permet d'augmenter la production de 5,5 TWh/an.
EDF considère donc que la production nucléaire lui rapporte, une fois payées ses charges variables d'environ 10 €/MWh, une marge d'environ 35 €/MWh (soit 200M€/5,5TWh). Ceci correspond à une valorisation de 45 €/MWh de sa production, valeur proche des prix de marché de gros actuels (environ 50 €/MWh).

Deux jours plus tôt, selon une autre dépêche de l'AFP (bon, je prends les dépêches telles que reprises par Le Figaro, c'est juste pour énerver Disparitus et Nicolas) , EDF annonçait cependant que l'arrêt du réacteur 1 de Flamanville aurait coûté 22 millions d'euros. Or ce chiffre n'est tout simplement pas cohérent avec le précédent. En effet, la centrale de Flamanville a une puissance de 1,3 GW et un arrêt de 5 mois (soit 4 mois au delà de la durée normale, car je crois que le réacteur était en arrêt pour simple rechargement) occasionne une perte de production de l'ordre de 3,5 TWh. Sur la base d'une simple proportionnalité, on se serait donc attendu à ce qu'EDF annonce une perte de 125 M€ pour l'arrêt de Flamanville.

Même si mes calculs sont grossiers (mais pas forcément plus que ceux d'EDF), je n'ai vraiment aucune idée d'explication à cette incohérence. Je donne ma langue au chat, s'il me lit.

PS : 1 TWh = 1 milliard de kWh ; 1 MWh = 1 000 kWh.



mercredi 10 février 2010


D'après les statistiques du ministère, le prix du fioul domestique a augmenté de 1,1% la semaine dernière. Il était en moyenne de 65,21 c€ TTC/l mi-janvier contre 64,49 c€ TTC/l la semaine dernière. A noter que le prix du pétrole exprimé en euros monte régulièrement depuis plusieurs semaines du fait de l'affaiblissement de la monnaie européenne par rapport au dollar.

mardi 9 février 2010

Stocks hydrauliques en chute


Selon les données publiées ce jour par RTE, le niveau des barrages hydrauliques a baissé brusquement la semaine dernière pour atteindre un niveau de 54% (contre 60% la semaine précédente).

Cette baisse de 6% du niveau de réserve hydraulique est rare et, en tout cas inédite depuis 2005 : la baisse moyenne en cette période de l'année est plutôt de 2% par semaine.

Il ne faut cependant pas trop "sur-interpréter" cette nouvelle car trois éléments connus d'EDF seule peuvent venir réduire les motifs d'inquiétude :
- la valeur de "l'arrondi" (passer de 59,6% à 54,4% correspond en fait à une baisse de 5%) ;
- la conversion entre niveau de stock en m3 et en énergie (d'après ce que je comprends, les statistiques comptent les m3 de la même manière alors que les m3 n'ont pas le même contenu énergétique selon la hauteur de chute) ;
- le niveau du manteau neigeux (qui, au moment de la fonte, permettra de réalimenter les lacs).

Il serait peut-être utile que la CRE demande à EDF de publier des statistiques plus complètes, afin de lever le voile sur ces trois facteurs qui nuisent à la transparence du marché.




lundi 8 février 2010

Indépendance d'ERDF

La CRE vient de publier son rapport sur le "respect des codes de bonne conduite et indépendance des gestionnaires de réseaux d’électricité et de gaz naturel".

A l'heure où M. Francony apparaît comme un résistant à EDF, il est intéressant de noter que la CRE met en cause la politique de rémunération des dirigeants d'ERDF (page 64). La CRE note en effet que le "part variable" des dirigeants d'ERDF est en fait, en partie, décidée par ... EDF.

La CRE en conclut, dans son style inimitable, que "Cette disposition est de nature, compte tenu de la composition du comité des rémunérations, à permettre à EDF d’exercer une pression non négligeable sur les dirigeants d’ERDF. Cette part fondée sur une appréciation purement qualitative doit donc être objectivée, afin que la rémunération des membres du directoire ne dépende que des seules performances d’ERDF, conformément aux lignes directrices de l’ERGEG."

Il serait intéressant de savoir si M. Francony avait, dans un esprit de résistance, renoncé à bénéficier de cette part de rémunération décidée par son actionnaire.

dimanche 7 février 2010

Teufs-teufs et toutous

C'est le grand buzz depuis quelques semaines : les chiens dégraderaient plus l'environnement que les 4x4. Surprenant n'est-ce pas ?

Je l'ai découvert en lisant la revue "Mon Quotidien" de mon fils daté du 6 février (revue qui avait annoncé il y a quelque mois que les centrales EDF fonctionnaient selon le principe de la fusion nucléaire !). Et je m'aperçois que le responsable du site energie 2007 a fait la même découverte.

Grand buzz donc sur ce sujet qui vient à point pour déculpabiliser les utilisateurs de 4x4 (dont je ne suis pas) au détriment des propriétaires de chien (dont je suis). Sauf que l'analyse ne me semble pas être sérieuse. Je m'explique.

L'article du NewScientist suppose qu'un chien consomme 164 kg de viande et 95 kg de céréales par an, c'est à dire 450 grammes de viande et 260 g de céréales par jour. Avec une telle consommation journalière, le mâtin doit être de belle taille !

En revanche, la consommation du 4x4 prise en compte est très basse, puisque le véhicule ne roulerait que 10000 km. Le 4x4 est quant à lui très peu utilisé : il ne sert qu'à la décoration du jardin ?

Quant aux autres hypothèses, elles ne sont pas détaillées. Tout cela ne me semble donc pas très sérieux.

J'ai cependant fait un petit calcul sur la base du guide des facteurs d'émissions publiés par l'Ademe. En partant de la même consommation de viande (450 g/jour) et en prenant en compte un facteur d'émission de 2,77 tC/tonne (chiffre qui correspond à du boeuf "de réforme"), on trouve que l'empreinte carbone de la consommation de votre chien est de 0,45 tC/an. En ajoutant la consommation en céréale, on atteint 0,47 tC/an.

Cette estimation est évidemment maximaliste car elle part d'une consommation annuelle élevée, et que les facteurs d'émissions des autres viandes mangées par les chiens (poulet notamment) sont nettement plus faibles.

Pour ce qui concerne un 4x4, sa construction émet au moins 2 tC (l'Ademe retient un montant de 1,5 tC par tonne de véhicule), auxquelles il faut ajouter environ 80 gC/km parcouru. Pour un kilométrage moyen de 15000 km par an, cela donne donc 1,4 tC par an après prise en compte de l'amortissement des émissions liées à la construction sur 10 ans.

Un 4x4 émettrait donc, selon ce calcul, 3 fois plus de gaz à effet de serre que le chien de belle taille retenu par NewScientist (et qui ne mangerait que de la viande de boeuf).

Même si je ne prétends évidemment pas à la rigueur scientifique qu'on pourrait attendre d'un article publié et abondamment cité, mon calcul part de sources publiques fiables.

L'article du New Scientist me paraît pour ma part largement sujet à caution : à l'en croire, un chien utiliserait 0,84 h de surface pour sa nourriture. Sachant qu'il y a à peu près 9 millions de chiens, on en déduit que la nourriture des chiens utiliserait une surface agricole de 7,4 millions d'hectares soit le quart des surfaces agricoles utilisées...

NB : pour faciliter la comparaison avec les chiffres publiés par l'Ademe, j'ai pris des montants en équivalent carbone (pour l'équivalent C02, il faut multiplier par 3,66).

jeudi 4 février 2010

Quand un baron fait de la résistance

Ceci est un billet d'humeur

On aura décidément tout lu !

J'apprends ce matin en lisant la presse que M. Francony ne serait pas prêt à quitter son poste de Président d'ERDF. L'article des Echos est même intitulé "Un baron du groupe résiste au PDG".

M. Francony possède il est vrai tous les titres nécessaires pour revendiquer son grade de baron d'EDF. C'est un ancien d'EDF dans le style le plus traditionnel (il y a je crois commencé sa carrière), polytechnicien, ancien du "Service de la Tarification", ancien patron (mixte, c'est à dire désigné à la fois par GDF et EDF) d'EDF-GDF distribution, ancien patron d'EDF Trading.

Il a connu des traversées du désert comme tout cadre qui se respecte. Gloire à son nom, il est un des co-signataires d'une lettre adressée en 1998 par les plus hauts cadres dirigeants d'EDF, lettre qui demandait au ministre de l'économie (un certain DSK) le départ du Président d'EDF d'alors, M. Alphandéry. Les signataires, tous barons ou hobereaux d'EDF, prenaient ainsi parti pour le Directeur Général d'EDF d'alors, M. Daurès, qui livrait une guerre sourde et sans pitié à son Président.

Ce qui devait arriver arriva toutefois : MM. Alphandéry et Daurès furent tous deux débarqués à l'été 1998. Et leur successeur (qui cumulait les fonctions de Président et de Directeur Général), M. Roussely, fit placardiser presque tous les séditieux (à quelques exceptions près, la plus notable étant le Directeur Financier de l'époque : M. Chauvin). M. Francony dut ronger son frein et voue depuis lors une haine féroce envers M. Roussely et son entourage.

Mais la roue tourna, et au départ de M. Roussely (en 2004), M. Francony revint en grâce. Je passe sur les détails. L'intéressant est que M. Gadonneix le nomma (je crois en 2005) patron de la branche "Opérations Régulé France" : son job consistait à marquer à la culotte RTE qui était en voie d'autonomisation (sous la Présidence de M. Merlin) et d'assurer la discipline dans la partie "distribution" qui allait devenir plus tard, en 2007, ERDF.

Il fit chou blanc pour ce qui concerne RTE car M. Merlin ne se laissa pas faire. Mais il réussit mieux du côté ERDF. C'est sans doute à lui que l'on doit qu'ERDF n'ait jamais revendiqué de pouvoir s'approvisionner pour ses pertes à un tarif régulé.

Sa nomination à la tête d'ERDF fut donc en quelque sorte le bâton de maréchal du baron.

Mais la roue vient de tourner d'un cran supplémentaire, et M. Proglio, proche de M. Roussely s'attache à régler son compte à M. Francony. Il faut dire que M. Francony n'a guère brillé en tant que patron d'ERDF où il réussit à détériorer le climat social et à se mettre à dos les élus locaux.

Et, autre retour de balancier, M. Proglio a décidé de faire surveiller ERDF et RTE par ... M. Merlin. Seulement voilà, du fait du statut d'indépendance que M. Merlin avait tant revendiqué en tant que patron de RTE, M. Francony n'est pas si facile à déboulonner que cela.

Amusant, n'est-ce pas ?

PS : en tout cas, pour ceux qui connaissent M. Francony, l'idée qu'il puisse être considéré comme un "résistant" doit faire bien rire : Jean Moulin a de quoi se retourner dans sa tombe, et Jean-Marcel Moulin de quoi se marrer jusqu'à la tombe.

mercredi 3 février 2010

Prix du fioul domestique au 29 janvier


D'après les statistiques du ministère, le prix du fioul domestique ont baissé de 2,2% la semaine dernière (suite au repli des cours du pétrole). Il était en moyenne de 64,49 c€ TTC/l mi-janvier contre 65,95 c€ TTC/l la semaine dernière.

Les prix des produits pétroliers sont cependant sur une tendance haussière depuis un an.

mardi 2 février 2010

Voltalis, la suite

La société Voltalis, dont j'ai déjà parlé, a obtenu l'insertion d'un "droit de réponse" dans la dernière édition de la lettre bimestrielle de la CRE : Décryptages. Elle cherche ainsi à démonter l'argumentaire développé par la CRE dans son édition précédente.

Le débat au sujet de la valeur des effacements diffus est malheureusement d'une confusion totale. Je vais donc essayer d'en éclairer un autre aspect (mon précédent billet étant consacré à l'effet de report) : la rémunération des économies d'énergie. Pour la clarté de mon exposé, je supposerai donc implicitement par la suite que la société Voltalis permet de réaliser de "vraies" économies d'énergie.

Partons d'une analogie simple : une société vient vous voir pour vous proposer d'installer du double vitrage ou tout système d'économies d'énergie (par parenthèse : méfiez vous des démarchages à domicile des sociétés vendant ce genre de produits, il y a beaucoup d'arnaques en ce moment, notamment sur les pompes à chaleur et sur les installations photovoltaïques).
Au delà des aides fiscales, ce que ces sociétés vous proposent est simple et compréhensible : vous les payez , elles installent des double-vitrages (ou des pompes à chaleur, ou de l'isolation, ou des chauffe-eau solaire...), et vous êtes directement "rémunéré" par votre économie sur votre facture EDF (ou GDF, ou Poweo, ou Altergaz, ou que sais-je encore).

A aucun moment cette société ne va aller voir votre fournisseur d'énergie en lui demandant à être rémunéré à hauteur des économies qu'il permet. Il serait accueilli vertement sur le thème : je ne vais pas vous payer alors que vous diminuez mes recettes !

C'est pourtant en somme ce que Voltalis raconte à tout un chacun, en ignorant cette règle élémentaire de l'économie et du droit : on ne peut être payé deux fois pour la même chose.

Or, en installant les équipements fournis par Voltalis, le client va être "rémunéré" par une diminution de facture. Il est donc contraire au bon sens que Voltalis soit rémunérée une seconde fois par le fournisseur du client.

Qu'on ne s'y trompe pas : ce que propose Voltalis est intéressant (même si ce n'est pas si "révolutionnaire" que cela) et doit être promu. En revanche, Voltalis ne peut espérer le beurre pour son client et l'argent du beurre pour lui.

Voltalis peut rendre le débat confus à souhait, mais au bout du bout, à être trop gourmand, il risque de ne pas faire fructifier un produit et un concept prometteur.

lundi 1 février 2010

Le Soleil se réveillerait bel et bien


Cet article pourrait bien être le dernier d'une longue série relative au "cycle 24" du Soleil. Notre étoile serait enfin sortie de sa léthargie, confirmant l'intuitition (mâtinée toutefois d'une certaine circonspection) de Terminalix quand il réagissait à mon dernier billet à ce sujet.


dimanche 31 janvier 2010

Coût du nucléaire et rapport Champsaur

A l'heure où M. Proglio s'apprête visiblement à demander des hausses importantes des tarifs de l'électricité, je me suis livré à quelques calculs simplistes pour savoir à quel prix l'électricité devait être vendue pour permettre à EDF de renouveler son parc actuellement en exploitation par des EPRs.

J'ai dû faire pour cela quelques hypothèses simples. Pour l'essentiel il s'agit :
- d'un remplacement MW par MW des tranches existantes à leur 40 ème anniversaire (durée de vie de 40 ans, dont on sait qu'elle devrait être prolongée) ; j'ai pris en compte le différentiel de disponibilité attendu (91% pour l'EPR contre 82% pour le parc en exploitation) ;
- d'un coût de l'EPR (de 1 600 MW) de 4,0 G€ (ce qui correspond au coût actuellement annoncé de Flamanville 3, qui prend cependant en compte les coûts de "tête de série", pour un montant cependant inconnu) ; j'ajoute 35% au titre des "intérêts intercalaires" ;
- un coût d'exploitation du parc en exploitation de 20,6 €/MWh (qui correspond au "rapport Prévot") ;
- une inflation de 2% et un taux nominal d'actualisation de 10%.

En faisant un calcul actualisé en 2010, on trouve ainsi que le coût de remplacement du parc existant serait de 54 G€. En supposant un ratio d'endettement de 50%, EDF aurait ainsi besoin de disposer de 27 G€ (en valeur 2010) pour assurer le financement du renouvellement de son parc nucléaire. En fait, EDF doit aussi rembourser sa "dette" afférente au parc existant, que j'estime, sur la base des comptes séparés publiés en 2004, à 10 G€ (cette estimation est sans doute très large). Il lui faut donc 37,0 G€ au total.

Ce chiffre est à comparer au revenu généré par la vente de l'énergie produite par le parc en exploitation. Pour cela, j'ai calculé le revenu après déduction de l'IS à 33% et versement des dividendes.

Pour que le prix permette le renouvellement du parc, il faut ainsi que les revenus actualisés générés par le parc en exploitation après IS et dividendes soient de 37 G€ (en valeur actualisée en 2010). Ceci correspond aux possibilités suivantes :
- 33,1 €/MWh pour un taux de distribution des dividendes de 25% ;
- 35,6 €/MWh pour un taux de distribution des dividendes de 50 % ;
- 43,2 €/MWh pour un taux de distribution des dividendes de 75%.

Comme on le voit, le prix demandé par EDF (46 €/MWh) semble correspondre à une politique de distribution très généreuse envers ses actionnaires.

Un taux de distribution de 25% serait plus raisonnable pour une entreprise qui est en phase d'investissement, mais il ne "justifierait" aucune hausse des tarifs...

En tout état de cause, l'approche retenue par le rapport Champsaur ne prend pas en compte le financement du "renouvellement du parc" (qui est supposé financé par les actionnaires, qui se rétribueront ensuite en vendant la production des centrales qui auront été construites). L'approche "Champsaur" devrait donc aboutir à des chiffres plus faibles.








jeudi 28 janvier 2010

Prix du fioul domestique au 22 janvier


D'après les statistiques du ministère, le prix du fioul domestique ont baissé légèrement la semaine dernière (suite au repli des cours du pétrole). Il était en moyenne de 65,95 c€ TTC/l mi-janvier contre 67,46 c€ TTC/l la semaine dernière.

Les prix des produits pétroliers sont cependant sur une tendance haussière depuis un an.

mercredi 27 janvier 2010

Laissons le travailler !

J'ai volontairement choisi de ne pas évoquer la question de la "double casquette" de M. Proglio, ni celle de sa rémunération. Ce débat est pour moi un débat trop politicien, même si je partage certaines des opinions exprimées ci ou là.

On peut en effet regretter que le gouvernement ait accepté une situation aussi "baroque".

On peut aussi reprocher à M. Proglio de gagner trop d'argent (mais peut-on lui reprocher d'avoir voulu conserver une rémunération inchangée ?).

On peut enfin s'interroger sur l'affirmation que seules deux personnes en France (MM. Kron et Proglio) seraient aptes à diriger EDF.

C'est l'affaire de chacun de se faire une opinion sur ces sujets.

En revanche, il est temps maintenant de laisser M. Proglio prendre sereinement la tête d'EDF. Il y a beaucoup de réformes à engager, et certaines de ses analyses (sur les compétences, l'état du parc nucléaire en exploitation, l'EPR) me semblent justes.

J'ai cependant quelques échos au sein d'EDF qui me montrent que l'ambiance s'y détériore, que la suspicion s'y répand, que les "baronnies" se sentent renforcées par la supposée faiblesse de la présidence de l'entreprise. L'expérience passée a en effet montré que les "barons" d'EDF (et je ne donnerai pas de noms) ont une capacité indéniable à isoler leur Président pour mieux protéger leurs baronnies. Cela n'est bon pour personne.

Je n'ai quant à moi qu'une seule crainte : que M. Proglio suive la voie de ses deux prédécesseurs, qu'il se retranche dans son bureau du 9ème étage de l'avenue de Wagram, entouré de quelques séides, et qu'il perde enfin (avant même de l'avoir acquis) le contact avec les réalités de l'entreprise.







Qu'est-ce qu'une marge raisonnable ?

On ne relit jamais assez les textes de base. Je viens de lire un décret d'août dernier qui concerne les tarifs réglementés d'électricité.

Son article 3 prévoit que les tarifs couvrent les coûts "ainsi qu'une marge raisonnable", expression qu'on retrouvait, sous une forme différente dans le décret concernant les tarifs de GDF Suez.

Quoi de plus raisonnable que d'accorder une marge raisonnable, en apparence ? Le choix des mots est savamment pesé afin que la chose soit acceptée immédiatement.

Sauf que, sauf que ce concept n'est pas défini. C'est quoi une "marge raisonnable" : 5%, 10%, 20% ? Personne n'en sait rien, ou plus exactement tout le monde aura sa réponse personnelle à cette question. Et évidemment cette réponse ne sera pas neutre (selon que l'on retienne telle ou telle valeur, la demande de hausse de prix d'EDF -24%- apparaîtra ou non raisonnable).

Sauf que, sauf qu'à y réfléchir il n'y a en principe pas lieu d'accorder de marge du tout. Comme je le signalais dans mon article sur les tarifs de GDF Suez, les coûts pris en compte par la CRE couvrent déjà les "coûts du capital", qui sont justement les coûts qui correspondent à ce qu'on appelle couramment la "marge" des entreprises. Il n'y a donc pas de raison d'accorder une "deuxième marge" ni à GDF Suez, ni à EDF.

Est-il raisonnable d'accorder une marge raisonnable ? Telle est bien la question.

mardi 26 janvier 2010

Vérité d'une année (suite)

Un de mes lecteurs (Laurent) me fait remarquer que le coût de 46 € correspond à celui de l'EPR (et donc, au coût de long terme de production). Il a raison.

Il a aussi raison de supposer que les déclarations de Mme Lagarde concernent le coût du parc en exploitation (les 58 tranches, de Fessenheim à Civaux).

Pour prendre une métaphore horlogère (et toute proportion gardée, évidemment), c'est un peu comme si un fabricant de montre vous vendait ses Swatch au prix d'une Rolex, au motif que désormais il ne fabriquera plus que des montres de luxe, et que, de toute façon, elles donnent l'heure toutes les deux.

Il en va de même pour EDF qui veut vendre aux clients français la production de ses 58 tranches de 2ème génération au prix de la 3ème génération de réacteur (dont il construit deux exemplaires). Et EDF d'ajouter que, de toute façon, elles produisent de l'électricité toutes les deux.

lundi 25 janvier 2010

Vérité d'une année

En réponse à une question posée en mars 2008 par le M. le Député Candelier, la Ministre de l'économie, des finances et de l'emploi répondait, en juin 2008, que "le niveau actuel [des tarifs] couvre effectivement les coûts de production d'EDF. Il donne, en outre, à celle-ci, les moyens financiers nécessaires pour pouvoir renouveler son parc de production afin de garantir la sécurité d'approvisionnement électrique de la France. "

Cette affirmation n'avait rien de nouveau, puisqu'en 2006 M. Gadonneix affirmait déjà que les tarifs couvraient les coûts.

A l'été 2009, le Président Gadonneix réclamait cependant une hausse de 20% des tarifs et en décembre dernier, le représentant d'EDF à un colloque organisé par le Conseil d'Etat affirmait sans sourciller que les coûts de production sont de 46 €/MWh (les tarifs sont de 34 €/MWh).

Donc, je résume pour ceux qui n'ont pas tout suivi (ou qui auraient le tournis) :
- en juin 2008 34 €/MWh permettaient de couvrir "effectivement" les coûts de production ;
- à l'été 2009, 46 €/MWh devenaient nécessaires pour couvrir les coûts de production.

Comme le notait un intervenant malicieux, cette hausse soudaine des coûts aurait de quoi inquiéter les actionnaires. L'économiste sans malice que je suis n'y voit en tout cas aucune justification objective (le nucléaire ayant un coût normalement très stable).

Non, la seule explication objective est qu'il faut bien financer les récents achats à l'étranger (British Energy, Constellation). Il faut bien, enfin, que le consommateur électrique français paie pour ce qui a été versé au contribuable britannique (British Energy appartenait à l'Etat -pardon, à la Couronne, pour être plus précis- britannique).





mercredi 20 janvier 2010

Prix du fioul domestique à mi-janvier


D'après les statistiques du ministère, le prix du fioul domestique ont continué d'augmenter sur les deux dernières semaines. Il était en moyenne de 67,46 c€ TTC/l mi-janvier contre 65,68 c€ TTC/l début janvier.

Les prix des produits pétroliers sont cependant sur une tendance haussière depuis un an.

Officiel : l'EPR prend du retard

Le Figaro annonce un retard de 2 ans pour l'EPR. Ce ne sera pas vraiment une surprise pour les lecteurs de mon blog.

Capacité fioul disponible pendant les périodes EJPs


Sur la base des données publiées par RTE, j'ai calculé les capacités de production fioul "en réserve" pendant les jours EJPs (il s'agit des capacités disponibles mais non utilisées à la pointe journalière).

Cela montre ce que je soupçonnais dans mon billet précédent : la gestion des jours EJPs est sensiblement différente de celle qu'on observait les années précédentes. En moyenne sur le début de cet hiver, 4000 MW de capacités fioul étaient disponibles "en réserve" les jours EJP.

Ce chiffre était deux fois plus faibles sur les hivers 2007 et 2008. La gestion des jours EJPs apparaît donc comme un peu moins "prudente" qu'elle n'était sur ces hivers puisque des jours EJPs ont été appelés alors que de la capacité de production suffisante était disponible (cette production était certes coûteuse).

Cela semble indiquer qu'EDF est relativement confiante sur la suite de l'hiver. Espérons qu'elle a raison.

mardi 19 janvier 2010

Des arbres pour Disparitus ?

Ceci est un billet d'humeur.

Ceux qui ont eu la curiosité de regarder le blog de mon ami Disparitus l'ont sans doute compris : son auteur a apparemment fait un long périple la semaine dernière jusqu'aux Indes (comme disait ma grand-mère) en passant par Dubai (où il aurait failli acheter une BMW en duty free).

Ce faisant, je vous laisse calculer quelle fut sa contribution aux émissions de CO2 ! Si on prend comme référence les donnnées de M. Jancovici, on peut estimer à plus de 8 tonnes de CO2 pour le trajet aller retour (bon, c'est très à la louche, je n'ai pas fait le calcul exact).

Alors, faut-il lui conseiller de planter des arbres pour "compenser" les émissions de son escapade. On sait en effet que les arbres stockent du carbone.

Est-ce une bonne idée ?

La plupart des gens vous diront que oui. Et pourtant, l'intérêt de la plantation des arbres est contesté car il s'agit de savoir à quoi ces plantations vont se subsituer.

Mais il y a plus important : en décidant de planter un arbre, même à un endroit adéquat, on se prive de la possibilité de planter un arbre pour diminuer ultérieurement les gaz à effet de serre au même endroit. Autrement dit, les zones où l'on peut planter des arbres pour "stocker" sont une ressource limitée : en puisant dans ce "coffre fort" d'économies de CO2, on n'améliore pas vraiment la situation.

D'une certaine manière, considérer que l'on peut "compenser" les émissions des gaz à effet de serre en "plantant un arbre", c'est un peu comme si on se disculpait d'un crime en sauvant une vie.

Sauver des vies, c'est bien. Mais le premier impératif est de ne pas tuer. Il en va de même pour le CO2 : le stocker c'est bien, mais le premier impératif est de ne pas en émettre.

Quant à moi, je pars jeudi en mission et ai choisi le TGV, même si c'est plus long (bon, j'admets que pour aller à Calcutta...) . Le même jour, la SNCF vient de décider de fermer nombre de ses lignes TGV, ce qui favorisera le transport aérien.

Les trains s'arrêtent, les avions décollent, et on marche sur la tête.

NB : par ailleurs l'intérêt du stockage par les arbres est contesté, c'est un autre sujet.

lundi 18 janvier 2010

Champsaur et les coûts

On sait que le rapport Champsaur préconise qu'EDF soit obligé de céder aux fournisseurs concurrents de l'électricité à des conditions reflétant les coûts de la production nucléaire.

Le problème est que personne n'est vraiment d'accord sur l'estimation de ces coûts. Le rapport Champsaur fait référence à une notion de "coût courant économique", visiblement inspirée des télécoms, mais avec une définition que les spécialistes des deux secteurs savent différente.

A l'occasion d'un colloque organisé par le Conseil d'Etat en décembre dernier, le représentant d'EDF aurait quant à lui estimé ce coût à 46 €/MWh (je n'ai pas pu obtenir la présentation, mais peut être qu'un de mes lecteurs pourra me confirmer ce chiffre). Il estimait par ailleurs que le prix auquel les clients "ordinaires" paient leur énergie (en équivalent "ruban") est de l'ordre de 34 €/MWh.

Le débat qui s'engage est donc, plus qu'un débat sur le transfert de la "rente" nucléaire aux concurrents d'EDF, un débat sur l'avenir des tarifs réglementés et leur évolution future.

Dire, comme EDF, que les tarifs doivent être fixés à 46 €/MWh implique en conséquence une hausse de l'ordre de 15% des tarifs de l'électricité pour les particuliers (avec des hausses encore plus fortes pour les clients de type "tempo" ou EJP). Et, en vérité, les hausses devraient être encore plus importante pour prendre en compte les hausses des tarifs de réseau.

Alors, quel est le "vrai" coût du nucléaire ? Je compte me livrer à quelques calculs dans les jours qui viennent. En attendant, je rappelle que lors de son audition par la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale, Pierre Gadonneix, Président d'EDF déclarait : « il est vrai que les tarifs sont supérieurs aux coûts, sans quoi l’entreprise perdrait de l’argent, mais il est vrai aussi qu’elle réinvestit massivement : 17 milliards d’euros en France entre 2007 et 2009. »

Tout est dit : le problème n'est pas de "couvrir les coûts" (du parc historique) mais bien d'assurer le financement des nouveaux investissements (dont les coûts ont pourtant vocation à être couverts, dans le futur, par les utilisateurs des-dits investissements).

Or, quoiqu'en dise M. Gadonneix dans sa déclaration, les problèmes de financement d'EDF viennent principalement du fait qu'EDF a investi massivement (et à mon sens imprudemment) à l'étranger.

EDF demande ainsi aux clients français, utilisateurs du parc nucléaire, de financer, en sus du coût du parc historique, à la fois le développement international d'EDF et les investissements en France.

Est-ce bien raisonnable ?

En tout cas, la déclaration de M. Gadonneix tranche le débat sur le "coût" à utiliser pour le rapport Champsaur. Ce rapport préconisant l'accès aux seules tranches existantes, le coût actuel de 34 €/MWh devrait être une référence suffisante (à la prise en compte de la prolongation des tranches nucléaires près).




vendredi 15 janvier 2010

No blog today




Ce billet est sans intérêt particulier.

En l'absence d'inspiration (et de temps pour travailler un billet de fond), quelques potins électriques.

Le premier est que la CRE aurait fait l'objet d'un cambriolage. Ca me paraît surprenant, et je n'ai pu vérifier cette information. Comme j'ai des lecteurs à la CRE, l'un deux peut sans doute le confirmer par un bref commentaire.

Le second, qui n'est pas vraiment un potin, est que RTE a choisi un nouveau logo. C'était apparemment la grande annonce à l'occasion des voeux de RTE mardi soir. On notera que la "petite fleur" façon Yoplait d'EDF n'y apparaît pas. RTE veut ainsi confirmer sa plus grande indépendance vis-à-vis de sa maison mère et sa différence avec ERDF.

Le plus drôle est que l'ancien logo de RTE (qui était il est vrai assez ringard et qui n'était pas sans rappeler l'ancien logo d'EDF), avait été choisi par M. André Merlin, l'ancien Président de RTE. C'est au moment où M. Merlin va être nommé à la tête du Conseil de Surveillance (sorte d'instance de contrôle de l'équipe dirigeante de RTE) que l'actuel Président de RTE, M. Maillard, décide de changer de logo. Ambiance.

jeudi 14 janvier 2010

Point sur le suivi du contrat de service public


Juste un mot pour actualiser mon billet du mois dernier avec les dernières publications de prix de l'Insee. Rappelons qu'au terme du contrat de service public signé en octobre 2005, les tarifs d'EDF ne devaient pas augmenter plus que l'inflation.

Le retour de Voltalis

On peut critiquer M. Bivas (c'est apparemment la mode dans le milieu de l'énergie) mais on ne peut lui renier une qualité : la persévérance.

Rappelons qu'il a fondé une entreprise, Voltalis, qui cherche à valoriser les "effacements diffus" via le mécanisme d'équilibrage en temps réel du système électrique (dit "mécanisme d'ajustement"). Pour ce faire, Voltalis installe des équipements au domicile des consommateurs, équipements qui permettent aux installations de ses clients de "s'effacer" au moment des pointes.

Après de nombreux revers cet été, et une délibération qui lui était au fond défavorable de la CRE, voici que Voltalis relance le débat sur les effacements de pointe. Un article du Nouvel Observateur lui est en effet consacré.

Le problème est que cet article, très largement acquis à Voltalis, est truffé (c'est encore la saison) d'erreurs factuelles, principalement parce que sous couvert de permettre des économies d'énergie, Voltalis ne permet en réalité que des économies de puissance (je passe sur le fait que les "centrales au gaz" ne font pas en général 200MW).

Je m'explique.

Voltalis génère des ordres via les réseaux télécoms qui éteignent essentiellement les ballons d'eau chaude et les radiateurs électriques. Or l'énergie qui ne sera pas consommée au moment des effacements sera en fait reportée à une période ultérieure : il faudra bien, in fine, chauffer l'eau et chauffer le logement.

Dès lors que cette consommation finale est simplement "reportée" de quelques dizaines de minutes, donc la plupart du temps au sein de la même période tarifaire d'EDF, on a du mal à croire que les clients puissent économiser 100 € par an.

Ce report de consommation, s'il ne permet pas d'économie d'énergie consommée ni de facture, n'est cependant pas sans intérêt pour le système électrique car il permet de reporter cette consommation au moment où le système est moins sollicité ou moins tendu (c'est ce que dans le jargon électrique on appelle une économie "en puissance").

Voltalis permet ainsi, dans une certaine mesure, une économie d'énergie primaire (c'est à dire de l'énergie consommée par les centrales électriques) s'il reporte de la consommation vers des périodes où des centrales plus efficaces sont utilisées (ce qui est en général le cas : les centrales les moins efficaces sont normalement utilisées à la pointe).

Le problème est que Voltalis est trop gourmand : il veut être rémunéré comme s'il générait une "réelle" économie d'énergie alors qu'il ne s'agit que d'une économie partielle par substitution entre moyens de productions, d'une économie "en puissance".

C'est dommage, car l'idée proposée par Voltalis me semble bonne et on en vient maintenant à voir la plupart des acteurs (les alternatifs, EDF et la CRE en particulier) s'opposer à un système qu'il faudrait plutôt favoriser.

"Errare humanum est, perseverare diabolicum", en quelque sorte.





mercredi 13 janvier 2010

Point sur les jours EJPs


Avec le redoux météorologique prévu, s’achève la seconde salve de jours EJP. Demain, il n’y a plus que les zones Sud (ainsi que Tempo) qui devraient être « effacées » par EDF.

Ceci nous donne l’occasion de faire un point sur l’utilisation de ces offres d’effacement. A mi-janvier, EDF (et/ou RTE) a utilisé une petite moitié de la réserve de jours EJP (45% en moyenne pondérée par les puissances, d’après mes calculs). Sur 22 jours, 11 jours ont été utilisés sur la zone Nord, 7 en PACA, 12 dans l'Ouest, 8 dans le Sud et 12 pour Tempo. Cela n’a rien de surprenant : mi-janvier se situe aussi au milieu de l’hiver (au sens des tarifs EJP).

En comparant avec les années précédentes, on constate cependant que les jours EJP ont été placés sur des périodes relativement « moins chères » que pour les années précédentes (voir graphique).

Ainsi, et d’après mes calculs, sur les 5 premiers jours EJP (*) de cet hiver, les prix de marché étaient en moyenne de 72 €/MWh (soit moins que le coût d’appel des centrales au fioul ou des TAC) contre 93 €/MWh l’hiver 2008/2009 et 177 €/MWh l’hiver 2007/2008).

Au total, la gestion par EDF de ses jours EJP semble ainsi un peu moins prudente que les hivers précédents et on peut penser qu’EDF aurait pu, en faisant un peu plus appel aux moyens thermiques, se réserver quelques jours supplémentaires pour la suite de l’hiver.

(*) soit la semaine du 14 au 18 décembre 2009. Les calculs sont basés sur les jours de pointe mobile du tarif Tempo.

mardi 12 janvier 2010

Prix de l'électricité en France et en Espagne


Il y a quelques années, la plupart des "spécialistes" pensaient que les prix en Espagne resteraient durablement supérieurs aux prix Français. En 2002, RTE s'était même engagée à développer une interconnexion (voir ici) qui devait, dans l'esprit de tous, servir à exporter vers l'Espagne.

Or c'est tout l'inverse qui est en train d'arriver, les prix en Espagne sont maintenant plus bas que les prix en France, et la France importe de l'Espagne au lieu d'exporter.

On a même connu, fin décembre, des prix de l'ordre de 3 €/MWh, inférieurs au coût variable de la production nucléaire espagnole (pour mémoire, le prix "part production" que paient les clients comme vous et moi est en moyenne de 34 €/MWh).

Comme quoi un pays qui a développé des moyens de production réputés plus chers que le nucléaire (charbon, lignite, éolien), peut in fine bénéficier de prix plus bas.

dimanche 10 janvier 2010

Google devient négociant en Energie

Dans un article sur son blog du 7 janvier, le New York Times annonce que Google a demandé au gouvernement américain (la FERC) l'autorisation de "vendre et acheter" de l'énergie.

L'objectif de Google n'est pas de faire concurrence aux EDFs locaux. Non, il vise simplement à pouvoir mieux couvrir ses besoins en énergie renouvelables pour couvrir la consommation de ses serveurs informatiques.

Google (qui héberge mon blog) se montre très concerné par les problèmes de développement durable, mais la transparence n'est quand même pas totale. Je n'ai pas réussi à savoir sur quelle était la consommation totale en énergie de ses serveurs...

vendredi 8 janvier 2010

Le conseil constitutionnel et la vague de froid

La décision du Conseil Constitutionnel annulant les dispositions relatives à la taxe carbone tombe à pic pour sauver le gouvernement.

La vague de froid de janvier va en effet se ressentir directement sur la facture des ménages en énergie, hausse de facture qui aurait été amplifiée par la taxe ... contre le réchauffement climatique. Difficile à expliquer aux Français à quelques semaines d'élections.

Voilà, ceci dit il y aurait beaucoup à dire sur la décision du Conseil Constitutionnel, qui me semble au fond assez justifiée mais qui semble contredire la jurisprudence plus ancienne.

Rappelons qu'à l'occasion de l'extension de la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) en décembre 2000, le même Conseil avait jugé que « compte tenu de la nature des sources de production de l'électricité en France -80 % de l'électricité est d'origine nucléaire -, la consommation d'électricité ne contribue que très faiblement au rejet de gaz carbonique » (décision 2000-441 DC, considérant 37).

Le conseil semble à peu près de dire l'inverse dans sa dernière décision. Le Conseil juge en effet anticonstitutionnel que soient «totalement exonérées de contribution carbone les émissions des centrales thermiques produisant de l'électricité » (décision 2009-599 DC, considérant 78).

A bien regarder, la contradiction n'est pas si nette, la TGAP s'appliquait à l'ensemble de la consommation électrique, sans distinction d'origine : il était normal de considérer qu'un produit qui était en moyenne très peu émetteur de CO2 ne soit pas taxé comme un produit en émettant beaucoup.

La taxe carbone était spécifique aux moyens de production, et il est également anormal de dispenser la production émettant du CO2. La réponse du gouvernement à ce point était que les centrales thermiques "classiques" sont déjà soumises au système de quotas de CO2 et qu'il n'y avait pas lieu de taxer ces centrales deux fois. Le Conseil écarte cet argument au motif que ces quotas sont attribués gratuitement aux centrales thermiques, point que j'avais déjà fait valoir dans un de mes précédents billets.

La décision du Conseil Constitutionnel me semble donc fondée sur ce point : le régime prévu n'était pas équitable.

Je reviendrai sur cette décision du Conseil, qui appelle beaucoup d'autres commentaires, notamment au regard de l'efficacité du dispositif.



jeudi 7 janvier 2010

Jours EJP et records de consommation

Comme attendu, EDF a déclenché des jours EJPs sur cette fin de semaine. Mercredi était EJP dans le Nord et l'Ouest, jeudi devrait être EJP encore dans ces deux zones mais aussi dans la zone Sud (hors PACA).

La vague de froid (relatif) devant se prolonger sur le début de la semaine prochaine (RTE prévoit une pointe à 93,3 GW mercredi prochain).

Autrement dit, RTE prévoit une pointe record la semaine prochaine (le précédent record étant de 92,4 GW le 7 janvier 2009).

On peut donc s'attendre à ce que d'autres jours EJP soient déclenchés vendredi et au début de la semaine prochaine.

Dans cette période de vague de froid, on peut être surpris que les prix sur les marchés de gros restent "relativement" modérés (environ 68 €/MWh en France, soit quand même nettement plus que les 51 €/MWh en Allemagne ou les 34 €/MWh en Espagne) .

Une partie de l'explication vient me dit-on des surplus de production sur d'autres pays (Espagne, Allemagne), mais il faut que j'investigue un peu plus.

mercredi 6 janvier 2010

Prix du fioul début janvier


D'après les statistiques du ministère, le prix du fioul domestique a augmenté de 3,5% la semaine dernière. Il était en moyenne de 65,68 c€ TTC/l contre 63,46 c€ TTC/l la semaine précédente.

Les prix des produits pétroliers sont sur une tendance haussière depuis le début de l'année 2009.

A noter, que suite à la décision du Conseil Constitutionnel (que je n'ai pas encore pris le temps de commenter...), la taxe carbone ne sera pas applicable au 1er janvier mais au 1er juillet.

Le Soleil se réveille-t-il ?


C'est la grande nouvelle sur le front solaire : le Soleil pourrait être en train de reprendre son activité et d'amorcer son "cycle 24". Je renvoie mes lecteurs aux articles précédents de ce feuilleton.

En regardant les graphiques, la chose ne semble cependant pas bien assurée, et la prudence voudrait qu'on attende un peu avant de tirer des conclusions définitives. On a déjà vu par le passé le Soleil se réveiller quelques temps pour se rendormir ensuite.

La suite au prochain numéro donc.

NB : le graphique est extrait du site de l'Observatoire de Bruxelles.

mardi 5 janvier 2010

Vanité des blogueurs


Ce billet nombriliste ne concerne pas l'énergie, ou alors il n'est pas vraiment sérieux.

Avec 4517 visiteurs uniques et 8121 pages vues le mois dernier, la fréquentation de mon blog atteint en Décembre un score en progression sensible par rapport au mois précédent.


J'en profite pour saluer mes relations dans la blogosphère, dont en particulier
Nicolas, l'Hérétique, Gaël ou Disparitus. Je m'excuse auprès d'eux du tour très technique que prend parfois mon blog, je vais essayer de redresser la barre dans les semaines qui viennent.

Enfin, j'ai la joie d'être rétrolié au Solitaire de la Lune (que je ne connaissais pas mais que je salue aussi), qui a fait un billet fort intéressant intitulé "le Père Noël est-il trop gros ?".

Cela me rappelle que je voulais faire un billet sur l'effet "dinde de Noël" sur la consommation électrique (voir le graphique ci-dessus, qui concerne Noël 2008, les données 2009 n'étant pas encore publiées par ERDF). L'effet se voit comme une dinde au milieu de ses marrons. Ceci dit, je triche un peu, car il n'y a pas que le jour de Noël que l'on constate une hausse des consommations au moment de midi.

Et puis surtout, bonne année à tous !

Energie et cross-selling

L’Autorité de la Concurrence vient d’annoncer qu’elle « s'autosaisit pour avis sur la question de l'utilisation croisée de bases de clientèle (cross selling) ».

En clair, l’Autorité craint que les gros opérateurs (tels que France Télécom) n’utilisent leur bases de clientèle pour gagner des clients sur des marchés connexes (par exemple : le marché de la téléphonie mobile).

La question semble être venue du secteur des télécoms, et c’est pourquoi l’Autorité de la Concurrence souhaiterait consulter l’ARCEP.

Mais cette question ayant aussi son équivalent électrique, il pourrait être souhaitable que la CRE soit aussi auditée.

Après tout, il serait intéressant de s’interroger sur le fait que GDF Suez et EDF ont pendant longtemps partagé les mêmes bases de clientèle, ou sur le fait que ces deux sociétés utilisent leur base de données de clients pour proposer des nouveaux produits (énergies renouvelables etc), à des conditions moins avantageuses pour le client que les offres concurrentielles.

Comment ne pas payer deux fois EDF ?


Dans un récent billet, j’avais évoqué un problème dans le contrat de concession de la Ville de Paris : en cas de remise en cause de la concession, ERDF a obtenu une clause lui permettant de se faire rémunérer une deuxième fois au titre de ses investissements passés.

L’un de mes lecteurs attentifs m’a justement fait remarquer que cette clause était courante dans les concessions : elle figure en effet dans les contrats standards de concession d’électricité et de gaz (voir par exemple l’article 31 du modèle de cahier des charges pour l’électricité).

Même si elle porte sur un quantum différent (car elle fait référence au taux moyen obligataire –soit environ 4%- et non au coût moyen pondéré du capital fixé par la CRE –soit 7,25%-), cette clause des cahiers de charges d’EDF et de GDF Suez me semble cependant tout aussi léonine.

Cette clause aboutit en effet au même résultat au terme de la concession : faire payer au contribuable local des intérêts cumulés sur les investissements non amortis d’ERDF alors même que ces intérêts ont déjà été payés, année après année, par le consommateur d’électricité via le TURPE.

Or de même que quand vous remboursez par anticipation un prêt amortissable « classique », il n’y a en l’espèce aucune raison de faire ici payer des intérêts cumulé sur le capital restant dû.

Admettons cependant que cette clause ne soit pas jugée léonine et qu’elle soit donc valide. Il reviendrait alors à la CRE d’en tirer les conséquences pour fixer les tarifs d’accès au réseau. Sachant que, compte-tenu des risques encourus par ERDF, la CRE a estimé que la rémunération globale d’ERDF doit être de 7,25% il conviendrait d’adapter la rémunération de la base d’actif régulé (BAR) de manière à atteindre ce niveau global de 7,25% compte tenu des avantages tirés par la dite clause (*).

Il s’agit en fait de faire un calcul « à l’envers » qui est illustré dans le tableau joint. Dans cet exemple illustratif simplifié (les calculs plus exacts prendraient plus de temps, évidemment), la CRE devrait alors fixer le taux de rémunération de la BAR à 4,6 % au lieu de 7,3 %. Toutes choses égales par ailleurs, les tarifs d'accès au réseau d'ERDF devraient alors baisser substantiellement (de l'ordre de 7%, dans cet exemple).

Mais boire ou conduire, il faudrait qu'ERDF choisisse : soit elle considère que la clause est valide, et elle doit accepter une baisse du TURPE, soit elle considère que le TURPE doit rester inchangé, et elle doit admettre que la clause concernée lui donnerait un "enrichissement sans cause" (sans doute qualifiable en aides d'Etat) et qu'elle doit donc être considérée comme nulle.

Il serait intéressant d'avoir le point de vue de la FNCCR sur cette question.

(*) Quand bien même la concession serait renouvelée, cette clause constitue pour ERDF un avantage certain dans la concurrence vis-à-vis d’un autre éventuel concessionnaire (le concédant n’ayant à verser cette somme que si la concession ne venait pas à être renouvelée en faveur d’ERDF).

lundi 4 janvier 2010

Jours EJP

Dans un billet de ce matin, j'annonçais le possible déclenchement de jours EJP d'ici la fin de la semaine. C'est chose faite puisqu'EDF a déclenché un jour EJP pour demain, dans la seule région Ouest.

Un jour de "pointe mobile" (dénomination officielle des jours "EJP") est aussi déclenché pour les clients Tempo.

Ces tarifs d'effacement sont bien utiles en ces périodes tendues.

Le Noël de GDF-Suez

GDF Suez vient de recevoir deux cadeaux pour son Noël.

Par un décret du 30 décembre, elle vient de voir prolonger pour 15 ans sa concession pour le stockage de gaz d'Etrez (dans l'Ain). La concession précédente était échue. Beau cadeau donc, sachant que cette prolongation sans publicité (à ma connaissance toutefois) ni a fortiori appel d'offres européen pourrait soulever l'attention de Bruxelles.

Par un arrêté publié le 29 décembre, GDF Suez vient aussi de voir fixer la nouvelle "formule" tarifaire. Cette formule est l'exacte copie de celle que la CRE avait publié au printemps dernier, pour ce qui est de l'approvisionnement ; l'arrêté annonce en outre une hausse de 2,4 €/MWh de la part "hors approvisionnement" au 1er avril prochain. Ca représente (à la louche) plus de 5% de hausse pour un client normal.

A noter que, comme le note la CRE, cette hausse résulte pour partie de l'introduction d'une "marge commerciale raisonnable" (voir point 2.3 de l'avis de la CRE publié au JO du 29 décembre). Je suis curieux de savoir ce que représente cette notion de "marge commerciale raisonnable", qui va en sus d'un coût qui comprend déjà une rémunération des capitaux. Pour Suez, c'est la bûche et le chocolat de la bûche, en quelque sorte.

Enfin, cet arrêté précise les modalités d'évolution des tarifs mais n'indique nullement par rapport à quelle référence de prix cette évolution s'appliquera. Mystère que seule la CRE saura dissiper, sans doute ?


Une semaine tendue

Avec une disponibilité nucléaire qui reste médiocre et une (modeste) vague de froid en France, la situation sera tendue cette semaine.

Pour lundi, les prix sur la bourse Française de l'électricité sont ainsi de 50 €/MWh contre 40 €/MWh en Allemagne et 37 €/MWh en Espagne.

Même si lundi n'a pas été déclaré jour EJP, des jours EJPs pourraient être déclenchés d'ici la fin de la semaine.

A noter également que RTE ne publie pas les prévisions de disponibilité du parc nucléaire pour la fin de la semaine (EDF ne les a apparemment pas communiquées).


dimanche 3 janvier 2010

Ignalina mon amour

Le 31 décembre dernier, le second réacteur de la centrale lituanienne d'Ignalina a fermé. Il s'agissait d'un réacteur de type "RBMK", de la même technologie que Tchernobyl.

Ce type de réacteur de conception soviétique souffrait d'un défaut de sécurité important, dit de "coefficient de vide positif", qui se traduit par un risque d'emballement en cas de vaporisation de l'eau dans le circuit de la centrale. Le monde en a eu la preuve dramatique un jour d'avril 1986.

On ne peut donc que se réjouir de la fermeture de cette centrale.

Il reste que les Lituaniens n'ont pour le moment que peu de solutions de remplacement : la centrale d'Ignalina leur fournissait une énergie bon marché et une certaine indépendance énergétique vis-à-vis de leur voisin russe. Des solutions existent à court terme, et des projets (tels qu'une interconnexion avec la Suède) sont envisagés pour le long terme ; mais pour le moment les Lituaniens craignent surtout la hausse des prix de l'électricité.

La fermeture de la centrale RBMK lituanienne ne doit pas non plus faire oublier que 11 autres réacteurs de ce type sont actuellement en exploitation en dehors de l'Union Européenne, en Russie : 4 tranches à Koursk, 4 à Saint Petersbourg et 3 à Smolensk. Et ces centrales qui se situent entre 2100 et 2400 km de Paris ne sont pas tellement plus éloignées que la centrale d'Ignalina (1800 km) ou que la centrale de Tchernobyl (2000 km).

Cette fermeture est donc avant tout symbolique et politique.